L’exposition monographique « Julien Tiberi » à la galerie Semiose, à Paris, dévoile des créations récentes de l’artiste. Des tableaux et sculptures qui explorent le relief caché dans la surface plane et autres éléments invisibles des œuvres.
La part cachée des œuvres
Une large sculpture en béton intitulée The Panoramic Dailies concentre le propos de cette exposition et des Å“uvres les plus récentes de Julien Tiberi. Elle figure un groupement de personnages qui nous tournent le dos, étant disposés en cercle autour de quelque chose vers laquelle ils se penchent tous mais qui demeure caché à notre regard. L’œuvre nous pousse à imiter leur mouvement et à tenter par tous les moyens de voir ce qui les suscitent chez eux tant d’intérêt mais en vain… L’objet central nous est irrémédiablement dissimulé, symbole de la part toujours mystérieuse et non cernable d’une Å“uvre. Ce que nous percevons de cette dernière n’est qu’une infime partie d’un ensemble beaucoup plus vaste.
Les dernières réalisations de Julien Tiberi portent un nouveau regard sur sa pratique pluridisciplinaire. Dessinateur, sculpteur et musicien, Julien Tiberi fait courir un fil rouge entre ses œuvres pour révéler, entre ruptures et continuité, leurs formes sous-jacentes. Ainsi le dessin se libère-t-il de sa spatialité en deux dimensions pour conquérir un relief et une dimension physique. Le trait de crayon ou de peinture devient le simple contour de la vue parcellaire d’une entité à la fois palpable et invisible.
Fixer des états transitoires du processus créatif
La sculpture JT16009 est composée d’une forme en verre étirée et entourée d’excroissances également en verre, le tout état enveloppé d’un filet en plastique. La partie centrale est transparente et décorée en son milieu d’une spirale de traits orange et rouges tandis que les parties adjacentes sont d’un bleu turquoise opaque. Ces formes en verre sont semblables à des billes pour enfants qui auraient été fondues et déformées. A travers cette sculpture, des étapes du processus de création sont saisies sur le vif. Le dessin des lignes colorées, prises dans le verre, devient forme en volume, leur mouvement figé fixe un geste. Le but est d’isoler et d’exposer des états transitoires, habituellement invisibles dans l’œuvre finale.